Acteurs du Retrogaming

Interview : La console Retropac par Nostalgames

Interview-Retropac

Nostalgames est une startup de jeux vidéo Lyonnaise orienté Retrogaming, composé de trois membres (copains).
Noé qui a eu l’idée du Retropac, s’occupe à la fois du technique et de l’administratif,
Lucas, chargé du marketing et la communication et des graphismes et
Quiaoshan, qui effectue son stage de fin d’étude sur le développement sur la console avec Noé.

La Retropac est une console de rétrogaming Made in France, compatible avec 28 consoles.
Il sera  possible de pré-acheter la console Retropac à partir de 100€, dès le 1er septembre sur la plateforme KissKissBankBank.
Visiter le site et en savoir plus sur le projet : http://nostalgames.fr (04/04/2017 : Site non existant aujourd’hui)

Interview sur la Retropac

Bonjour et bienvenue, alors le Retropac, c’est quoi en quelques mots ?

Bonjour ! Le Retropac, c’est une console de jeux vidéo rétro. Basée sur son propre OS, elle permet d’émuler une trentaine de consoles depuis l’Atari2600 de 1978, jusqu’à la Gameboy Advance de 2001. On est parti du constat que beaucoup de gens étaient nostalgiques des jeux de leur enfance, mais qu’il n’y avait pas de solution adaptée qui soit à la fois facile d’utilisation et abordable. Certaines consoles et cartouches de jeux d’époque sont devenus assez chères, il faut donc être passionné pour retomber dans cet univers !

Pourquoi faire une console de jeux (une idée géniale !) ?

Merci ! En faite, l’idée est partie de l’anniversaire d’un ami. Il était passionné de jeux vidéo rétro et Noé a voulu lui faire une petite console pour rejouer aux anciennes consoles. Après quelques semaines, Baptiste, l’ami en question, avait sa console. Il l’a fait tester à plusieurs personnes qui l’ont beaucoup appréciée, et on s’est dit qu’il y avait certainement quelque chose à approfondir.

Bien sûr il existe déjà des solutions d’émulation, mais il faut déjà avoir quelques connaissances en informatique et elles ne sont généralement pas jouables en multijoueur. Le but du Retropac est de proposer une solution accessible à tous, et facile d’utilisation. Mis à part un copier coller pour transférer ses jeux depuis son ordinateur à la console, l’utilisateur n’a rien à faire !

Une console facile à transporter

Projet professionnel ou projet de fin d’études ? (Allez vous continuer le projet par la suite ?)

On a eu un projet quand on était en 3ème année, d’ailleurs on était dans le même groupe mais on était parti sur quelque chose de totalement différent. Si on avait eu l’idée du Retropac à cette époque, on l’aurait lancé depuis déjà un an, mais ça reste une bonne expérience qui nous a certainement évité des erreurs avec Nostalgames et nous a donné le goût de l’entrepreneuriat.

Quels sont vos objectifs sur KissKissBankBank ?

On s’est fixé un objectif de 15.000€, en faite c’est notre première série qu’on va pré-vendre pendant le crowdfunding, l’argent nous servira à financer les stocks nécessaires à la production. Pour remercier les contributeurs, la console sera bien sûr moins chère que lorsqu’elle sera commercialisée, et ils pourront en plus nous envoyer leurs photos qu’on utilisera comme écran de démarrage personnalisés.

Les projets retrogaming sont très nombreux sur les sites de crowdfunding, qu’est ce qui vous démarque de vos concurrents ?

Pour l’instant les projets retrogaming sont plus centrés sur des créations de jeux, nous à l’inverse on crée une console pour des jeux déjà existants. Le but est de proposer une solution accessible à tous et facile d’utilisation. Une console similaire a été crowdfundée en Allemagne il y a quelques mois à peine et ils ont réussi à levé 75.000€. Ce type de projet à beaucoup de mal à traverser les frontières du fait des restrictions de la propriété intellectuelle. Pour ce qui est de l’objectif, on espère bien faire de même mais on a choisi un plafond plus bas pour sécuriser au mieux notre projet.

Jusqu’ici, ou en êtes-vous sur ce projet ?

Actuellement on a passé la phase d’identification du produit, des besoins, la création de l’identité, et l’administratif concernant la création de la société. Début Aout, la console est encore développement mais la première version sera finie pour la fin du mois

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées jusqu’ici ?

La plus grosse difficulté c’est d’avoir des réponses des fournisseurs et des parties prenantes au projet… on a un timing assez serré et malheureusement, c’est compliqué d’obtenir des réponses pendant l’été, les entreprises sont souvent fermées un bon mois, si ce n’est deux.

Des évolutions à venir sur votre console ?

Bien sûr, on a plein de projets pour cette console ! Le premier c’est déjà de réussir notre crowdfunding. Ensuite on intégrera progressivement de nouvelles fonctionnalités via des mises à jour et si tout se passe bien, à horizon un an on aimerait créer une marketplace du jeu rétro dématérialisée. Pour ça il nous faut communauté suffisante, et suffisamment de poids pour pouvoir aller parler aux éditeurs, on leur proposera alors de recommercialiser leurs anciennes licences. La marketplace sera accessible directement depuis la console, on aura même plus besoin d’un ordinateur pour installer ses jeux !

La partie logiciel est surement la plus compliquée à réaliser, comment se déroule le développement ?

On a de la chance car il existe une grosse communauté de passionnés qui a développé des d’émulateurs de qualités. Notre défi est de les réunir dans un environnement optimal et le plus confortable possible pour l’utilisateur.

C’est pour ça qu’on a décidé de partir de zéro pour développer notre propre OS qui soit parfaitement adapté à cette utilisation. C’est vrai que c’est un casse-tête pour nous, mais ça nous fait découvrir et approfondir des concepts informatiques auxquels on n’était pas forcément habitués.

Comment voyez vous le Retrogaming dans l’avenir ? Simple tendance spéculative, ou plaisir de découvrir/ redécouvrir les jeux vidéos ?

Pour nous c’est loin d’être une tendance spéculative. Depuis quelques années, la génération de jeunes qui entrent dans la vie active ont été bercés par les jeux vidéo. On peut voir chez eux un vrai désir de retrouver des jeux d’avant que ce soit pour retrouver le côté social du jeu ou par simple nostalgie de l’enfance. Avec L’ancrage de plus en plus profond des jeux vidéo dans les mœurs, le retrogaming ne peut que progresser !
Pour nous les possibilités de développement sont nombreuses, au fil des ans de nouvelles consoles sont créées, on pourra donc développer les capacités du Retropac. Dans 5 ans si tout se passe bien, vous y trouverez peut-être la Gamecube et la Playstation 2.

Votre avis sur le marché du jeu dématérialisé ?

Le dématérialisé a changé la consommation du jeu vidéo : on se retrouve avec des bibliothèques de centaines de jeux, sans beaucoup débourser (merci les soldes steam!), ce qui fait qu’on aura plus facilement tendance à changer de jeu durant les premières heures de parcours. On perd cet acharnement et cet attachement qu’on avait, lorsqu’on jouait avec la cartouche achetée dans le magasin du coin. Après c’est également une bonne chose dans le sens ou ça a aussi permis à de petits éditeurs d’accéder au marché et de nous offrir d’autres d’expériences de jeu.
Pour ce qui est du retrogaming très peu de solutions existent. Si les jeux sont encore appréciés et joués, les éditeurs se concentrent sur l’innovation, et la plupart a complètement abandonné la commercialisation des anciennes licences.

Pour conclure, quels sont vos jeux préférés ?

On en a testé beaucoup pour connaître les spécificités de chaque console et de chaque époque, obligation professionnelle oblige !

Lucas : Pour moi les jeux de plateforme restent la base. J’aime beaucoup les jeux de SNES comme Lost Vikings II, Kirby’s Adventures ou Super Smash TV, les jeux infinissables de la Megadrive (les Schtroumphs, Tintin au Tibet…) et je suis un inconditionnel de Mario Kart. Pour ce qui est du jeu actuel je suis plutôt MMORPG (j’ai passé quelques temps sur WOW) et FPS (j’ai adoré le nouveau Doom).

Noé : Dans le rétro pour moi c’est sans hésiter Donkey Kong Country, et Illusion of Time sur SNES, depuis peu je me suis mis à Puyo Puyo sur NES. Sinon j’ai toujours plus été PC, la série des Half-Life est pour moi un monument (d’ailleurs Gaben si tu pouvais faire le 3…), mais de ces dernières années je retiens surtout Witcher 3, Minecraft, et Dishonored.

Un grand merci à Lucas pour sa disponibilité et sa réactivité lors de la réalisation de l’interview, je leur souhaite un grand succès avec ce projet.
N’hésitez pas à suivre l’avancement du projet sur twitter et à visitez le site Nostalgames en cliquant ici (UPDATE : Le site n’existe plus).

Slippy Toad
Fondateur du site, crée juste pour le plaisir de partager mes experiences et mon amour pour le rétro, on peut dire que ça commence par la recherche des jeux de son enfance, puis on ne s'arrête plus ! Grand fan de Gran Turismo, Resident Evil, Metal Gear Solid !

4 commentaires

  1. Je suis assez surpris de voir une affirmation comme quoi il n’existerait pas de solution à la fois accessible, abordable et adaptée pour le rétrogaming. Les émulateurs sur PC existent et certains sites en regroupent même un nombre conséquent. Ils sont utilisables sans la moindre connaissance en informatique et des titres à succès ont un support multijoueur.
    Un pad, à l’instar d’une manette Xbox 360 peut être utilisé pour un confort de jeu équivalent à celui d’une console.
    N’ayant aucune connaissance technique dans le domaine, je ne peux juger de la valeur ajoutée et savoir si 100€ est un prix raisonnable pour ce hardware. Néanmoins, sachant que ces milliers de jeux évoqués sont pour la plupart disponible gratuitement, et ce depuis des années (y compris pour la GC et la PS2), cela me laisse quelque peu perplexe.
    La plus-value me paraît donc faible, à part une plus grande option multijoueur peut-être, quant aux manettes, elles ne pourront forcément pas être comme les originales.
    Bref, ce projet me semble assez risqué. Les éditeurs et les plateformes comme Steam aiment déjà restreindre notre propriété sur les jeux que nous achetons, vouloir voir se développer un marché du jeu rétro dématérialisé alors qu’il est déjà accessible gratuitement n’est guère enthousiasmant.
    1. Bonjour Aronaar !
      Merci pour votre intérêt, je vais faire un retour sur les questions que vous avez abordées :
      Les émulateurs d’ordinateur ne permettent rarement le mode multijoueur, et n’offre clairement pas les mêmes sensation que si vous étiez avec 3 de vos amis installés sur votre canapé à vous battre sur une console.

      Le fait que ces jeux soient disponibles depuis des années ne veut pas dire qu’ils sont disponibles légalement, et là est toute la différence. Le but est pour nous de pouvoir créer une offre légale qui pour l’instant n’existe pas, mis à part certaines rééditions de Nintendo sur ses nouvelles consoles, il est très difficile de rejouer légalement à un jeu d’antan.

      Les manettes ne sont pas exactement les originales, puisqu’elles sont fabriquée avec des branchements USB. Cette différence mise à part, les modèles NES/SNES/Xbox/Playstation et Nintendo64 sont identiques aux originales. Nous fournissons également un hybride entre une manette de NES et SuperNES équipée de deux joysticks qui est un model sans fil.

      Enfin, nous gardons en tête que la comparaison entre la gratuité de l’offre illégale et le prix d’une offre légale peut en refroidir quelques uns, mais le système du Retropac ne sera pas bridé puisque nous souhaitons laisser la possibilité à nos utilisateurs d’utiliser également l’opensource et les homebrews. Il est cependant nécessaire qu’ils aient la possibilité de se procurer légalement leurs jeux.

      J’espère vous avoir dépondu ! N’hésitez pas à nous faire un mail si vous avez d’autres interrogations !

      Très bonne journée,
      Lucas – Nostalgames

  2. Moi qui n’attendais pas une réponse de quelque ordre que ce soit, voilà une plaisante surprise !
    Je ne peux pas nier que les sensations ne soient pas les mêmes. Quant à l’illégalité de l’offre gratuite, elle est avérée- ou dans une zone grise.
    Par sa longévité (et le fait que son existence, pour certains sites notamment, soit plutôt mise en avant que cachée) et sa résilience, c’est à se demander si la question est véritablement et tranchée, et si oui, si les éditeurs ont une réelle envie de brider cette émulation gratuite.

    Le nœud de la question pour moi, au fond, est de savoir comment vous comptez vous y prendre pour créer cette offre légale, à tous les points de vue : avoir une crédibilité suffisante pour vous charger de la production de la console ? Produire une étude de marché suffisamment solide et avoir les arguments pour convaincre des éditeurs ne faisant pas d’investissement facilement ? Obtenir suffisamment de droits pour fournir une ludothèque suffisamment étoffée ? Gérer une entreprise qui va devoir s’agrandir si le projet porte ses fruits ?

    Bien évidemment, mes connaissances en business sont pauvres, mais même en temps que profane, voilà les doutes que je peux nourrir. Sans remettre en cause l’ingéniosité de votre hardware, je me demande, si d’aventure la volonté de miser sur ce marché existait déjà, les éditeurs auraient déjà mis en route quelque chose de solide- ou si ce n’est pas le cas mais que l’idée devient “capitalisable”, ils n’auraient pas sous le main des entreprises plus aptes à ce travail.

  3. Malheureusement, ce projet n’est pas très honnête.

    Je fais partie de l’équipe de RetroArch, logiciel inclu dans RetroPac. On les a prévenus qu’on était pas vraiment enchantés par ce projet. Mais comme notre code est libre, on ne va pas l’empêcher.

    Par contre, RetroPac inclu des émulateurs comme Genesis-plus-GX et Snes9x (ou ARMSnes) qui sont sous license Non-Commercial. On ne peut ni les utiliser dans un produit, ni comme argument de vente.

    L’équipe de RetroPac ont contacté seulement deux des auteurs de Snes9x, pas les autres, hors la liste est longue. L’auteur de Genesis Plus GX a nié hier avoir signé un accord. Il a juste énoncé ses conditions.

    J’aimerais aussi ajouter que ce projet n’apporte rien. N’importe qui de nos jour peut s’acheter un Raspberry Pi et flasher Lakka, Recalbox ou RetroPie dessus et avoir un résultat similaire ou supérieur pour une fraction du prix.

    L’équipe de RetroPac est composée uniquement de deux étudiants qui ont des compétences en communication et en création d’entreprise, mais pas en programmation en C ou en système. Ils ont juste assemblé des éléments qui existaient déjà. Et là où la pudeur et l’éthique nous empêchent de commercialiser notre projet, ils n’ont de leur coté aucune hésitation à s’approprier le travail des autres et le vendre.

    Depuis plusieurs mois qu’ils “travaillent” à ce projet, pas une seule contribution de leur part. Pas même un rapport de bug. De plus, ils sont soutenus par leur école, une partie de la presse, et Kiss Kiss Bank Bank, qui n’est pas une référence en matière de transparence.

    Voir les commentaires ici: http://www.tomsguide.fr/actualite/console-jeu-retrogaming-retropac,53391.html

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